Tout a commencé lors d'un échange universitaire à L'UNAM, au Mexique. Jimena avait un rêve : partager l’art du Día de los Muertos. Mathieu l’a suivie, porté par l’amour et l’envie de bâtir quelque chose de durable. Ensemble, ils ont lancé Chokani pour vivre entre le Mexique et le Canada, sans devoir choisir. Au début, il n’y avait pas de plan parfait. Juste du cœur, de la liberté, et des vêtements remplis d’âme.
Ils ont commencé sans rien de stable : pas de boutique, pas d’entrepôt. Seulement une page web, des sacs à dos et le courage de réussir. Les commandes entraient par messages, puis ils couraient à travers Québec — Saint-Roch, Limoilou, Lévis — avec leurs vêtements emballés à la main. Les clients essayaient vite, souriaient, repartaient. Chaque commande livrée les rapprochait du rêve. Mais non sans efforts. Ils en profitaient pour écouter les commentaires et s’améliorer sans cesse. Tranquillement, les gens se sont mis à les suivre. Car Chokani, c’est ça : l’amour qui trace sa route et qui rassemble les cœurs.
En décembre 2018, ils ont monté leur petit kiosque au Marché Jean-Talon, à Charlesbourg. Juste l’essentiel : quelques cintres, leurs créations aux couleurs du Mexique, et eux deux, le cœur à nu. Les gens s’arrêtaient, touchaient les tissus et se surprenaient de leur qualité : doux, solides, soyeux, faits pour durer. Les designs mexicains uniques attiraient les regards. Ils ont vite réalisé que Chokani, ce n'est pas seulement une marque de vêtements : c’est une fusion de deux cultures exprimée en style vestimentaire.
Après les marchés, Mathieu et Jimena rêvaient d’un vrai chez-eux pour Chokani. Ils l’ont trouvé dans le Vieux-Lévis : une petite boutique lumineuse, avec des planchers qui craquent et un fantôme qui hantait les lieux. Ensemble, ils ont réussi à créer une ambiance parfaite. Les gens entraient curieux et repartaient avec un vêtement… et une nouvelle boutique préférée. Tranquillement, ils ont uni une petite communauté grâce à l’originalité et à la qualité de leurs créations. Parce que voir les gens se sentir beaux et confiants dans leurs vêtements, c’est ce qui fait vibrer Chokani.
Quand la pandémie a frappé, tout s’est arrêté d’un coup. Marchés, boutique, festivals : silence. Chokani a dû se réinventer, sans savoir de quoi demain serait fait. Alors, Mathieu et Jimena ont fait un choix du cœur : retourner au Mexique. Là-bas, ils ont retrouvé leurs racines, leurs artisans, et surtout du temps pour respirer. Entre la production et les marchés, ils se sont remis à créer, à tester, à rêver. Et sous le soleil mexicain, ils ont développé leur art tout en livrant ici et là-bas. Le Québec, fidèle, leur envoyait encore de l’amour.
En avril 2021, en plein cœur de Mexico, à deux pas du Palacio de Bellas Artes, l'équipe Chokani a ouvert une boutique mexicaine. Un petit local rempli de couleurs, d'amour, et de cette charmante énergie que seule cette ville sait offrir. À l’intérieur, chaque pièce portait une âme : crânes peints à la main, tissus brodés avec amour, et cette odeur d’encens mêlée au café qui surprend dès l’entrée. Les passants arrivaient curieux, puis restaient pour jaser et découvrir leurs créations. Rapidement, la boutique est devenue un refuge pour les esprits libres et les âmes rebelles. Plus qu’un simple commerce, c’était une boutique remplie de joie et d'amour.
Après trois belles années au cœur de Mexico, Chokani a dû fermer boutique.
Mathieu et Jimena en sont sortis ébranlés. Mais la profondeur de résilience dont ils sont capables leur a permi de s'adapter. Après tout, la ville changeait, les coûts montaient, et leur envie de rester en vie devenait trop forte. Alors, la décision a dû être prise. Aujourd’hui, force est d'admettre que se fut la meilleure. Chokani vit dans les festivals, la musique, et sur Internet. Merci à notre clientelle sans qui ceci ne serait pas possible. Grâce à vous, Chokani est encore en vie.
Fermer la boutique nous a secoué profondément. Mais Chokani n’a jamais été enfermé entre quatre murs : c'est une communauté, une famille, une vague de passion que rien au monde ne peut arrêter.